Amertume

26072011

Petit texte / chanson en réaction à une lecture de notre quotidien que j’ai faite ce matin.

Une part de moi-même me dit que nous ne pouvons pas laisser les camps de Roms se développer à qui mieux-mieux et une autre part, la part humaine m’a poussé à pondre ce texte… A vous de juger.

Amertume.

Le balai de la honte s’en est allé danser dans ma ville.
Ils se prétendent hommes, ceux qui ont mené le pas,
Mais ont agit comme des femmes de ménages, des professionnelles de l’Etat.
Balayant la poussière d’un coup d’acier, tranquille.

Mais mon âme vous dénonce, Mesdames.
L’humanité se met à genoux et implore vos états d’âmes.
Maintenant que vos desseins sont atteints,
Quel est votre sentiment sur l’avenir de ces chiens ?

Un pour tous, chacun pour soi.
Telle est la devise des nouveaux mousquetaires,
Je verse une larme de honte sur vos cœurs de pierre,
Parce qu’un enfant reste un enfant, même s’il doit grandir sans toit.

Le rêve leur est vendu par votre maquereau,
Il en sait plus que vous sur la façon de pêcher.
Vous n’êtes que des moussaillons sur le bateau,
Attendant les ordres qui allègent votre responsabilité.

Mon âme pleure, Messieurs.
L’humanité vous cherche en vain,
Je souhaite qu’un jour ils vous expulsent des cieux,
Parce qu’eux risquent d’y être les premiers, si ce n’est pas demain.

Un pour tous, chacun pour soi.
Telle est la devise des nouveaux mousquetaires,
Parce qu’un enfant aura été contraint de dormir parterre,
Je verserais une larme de déception pour faire fleurir vos croix.

Si je vous parais sévère, c’est surtout dû à vos manières.
Ma salive est amère quand je lis ces lignes écrites par l’enfer.
Ma terre n’est pas celle du monde entier, je le conçois.
Mais vos premiers auraient mieux fait de vous apprendre à penser, au moins une fois.

Mon âme serait fière, Mesdemoiselles,
Si vous parveniez à trouver des issues moins cruelles.
Pour ces enfants qui voyagent, tout comme vous, sur l’Arche qui mène au ciel.




Les projets presque terminés!

26072011

Rendez-vous sur la page des projets en cours et réalisés pour vous rendre compte que nous avons presque tout terminé et en avons même ajouté quelques uns!

Mission presque accomplie et il me reste encore deux semaines pour le dernier projet.

Satisfaction!!! :-D

Bisous les amis.

Melon




This is not the end.

26072011

Voici un nouveau texte qui viendra casser mon rythme d’absentéisme littéraire!

Je me trouve maintenant à la fin de mon séjour dans cet orphelinat Ghanéen où je vais devoir quitter mes petits frères et petites sœurs de cœur pour un monde qui me fait peur tellement j’ai l’impression de ne plus le connaître. Je vais aussi quitter une multitude de paysages et de situations qui ont participé a des moments de bonheur et m’ont fait rêvé lors de mes voyages en bus avec ma musique dans les oreilles (notamment). Je vais aussi quitter un continent qui m’aura éprouvé et fatigué sur bien des points. J’ai plusieurs fois réfléchis à rentrer prématurément d’ailleurs, mais si j’ai choisi une année c’était justement pour me découvrir moi-même au travers de mes limites et c’est dans la difficulté que ça se fait le plus souvent… Et maintenant que j’arrive au terme je me dis que c’est une des meilleures décisions que j’ai prise. Cela m’a forcé à atteindre un seuil de philosophie que je n’avais jamais atteint jusqu’alors. Et faut dire que c’est mon truc de philosopher sur le monde… Alors tant mieux, j’ai eu ce que je cherchais.

Le fait est que je me suis rendu compte que je peux faire ce que je veux, aller où bon me semble, la « torture » m’attendra toujours à un coin de rue (Explication : mon meilleur pote m’appelle « le torturé » parce que je suis toujours en train de me torturer l’esprit avec des questions existentielles qui me mettent parfois dans un état de mal être. Je pense que ce terme, rigolo sur les bords, défini en fin de compte parfaitement ma situation.). C’est un fait qu’il faut que j’accepte, elle sera avec moi dans n’importe quelle société et sur tous les continents de cette terre puisqu’elle est dans les questions que je me pose sur le monde à chaque instant. C’est un peu comme un cancer qui se développe en se nourrissant de mes réflexions. Une sorte de saloperie qui me rend presque bipolaire et me pousse à réfléchir encore et encore alors que c’est justement ça qui déclenche ce foutu mal être. Et le plus vicieux c’est qu’il n’y a presque que comme ça que je me sens vivre. J’ai besoin de pousser les extrêmes pour me sentir exister, tester les limites. Je serais le plus heureux du monde un jour et une personne suicidaire le lendemain. Mais finalement je me complais dans cette torture parce que j’y suis toujours beaucoup plus créatif et c’est aussi ce qui me pousse à être mieux le lendemain.
Pour les curieux, quand je me torture l’esprit ça ressemble à cette situation : Je me pose tout seul dans ma chambre, m’allume une cigarette, regarde dans le vague, enclenche une musique type « La vie ne vaut rien » ou alors un Dire Straits, Aznavour ou encore un bon vieux Dylan et je suis pris d’une nostalgie indescriptible – je suis limite en transe et ne fais qu’un avec la musique qui me transporte – qui me fais penser à ma vie, celle de mes proche ainsi que l’existence de l’humanité et surtout j’essaie de trouver un sens dans tout ça. Il y a des milliers d’autres moments et d’autres questions mais celui-ci est le plus schématique. Pour la blague, je suis sûr que j’arriverais à rendre un psy dépressif si je lui parlais trop longtemps ! Mais les psy ont de la chance puisque j’utilise mes proches pour cela. ;-)

Vous devez vous dire : « Mais quel cinglé ! Il écrit un texte quelques mois plutôt dans lequel il prétendait avoir trouvé la solution miracle au bonheur et maintenant il vient nous dire que tout ça à disparu… ! »
Je vous comprendrais si c’était le cas. L’explication est simple, j’étais à un point très haut dans ma bonne humeur en ce temps là parce que j’avais répondu à une grosse part de mon « mystère personnel » (Le « mystère personnel » c’est juste pour vous les copains !:-) Je suis conscient qu’il y aura du moquage mais ça me manquait! ). Maintenant d’autres questions sont venues s’ajouter à tout cela, cependant je garde en tête que je suis à chaque fois un peu plus sage et plus construit lorsque je réponds aux questions suivantes.

Voilà pour la partie très personnelle et chiante de ce texte mais c’est aussi mes aventures que vous lisez et cela fait partie du caractère de l’aventurier et je dirais aussi que c’est l’élément déclencheur de tout ce qui m’est arrivé ces dernières années. Si vous ne comprenez pas tout je vous paierais une bière à mon retour et vous expliquerais! Si je trouve un job… ;-)

Autrement je me réjouis de rentrer… J’ai « effectué » une petite déprime ces derniers temps et je n’arrivais plus à être objectif par rapport à ce qui m’entoure. Je ne supportais plus rien et étais trop critique avec tout ce qui m’entoure parce que peut-être trop impliqué… En gros j’étais à bout. Pour la petite histoire j’ai écris un texte il y a quelques jours dans le but de sortir de cet état de colère et de frustration; ça a marché. Mais je ne le publierais pas de peur de choquer certaines personnes qui le prendraient sans le contexte. Pour ceux qui ont vu le film intitulé « La 25ème heure », mon texte s’apparente pas mal au pétage de câble qu’Edward Norton fait en face du miroir des toilettes. Sauf que moi j’étais dans un bus et sautais au plafond toutes les 30 secondes à cause des trous dans la piste… Finalement je ne sais pas ce qui est le mieux, les toilettes où ça ? Bon ben je vais dire que ça dépend des toilettes !
A part ce petit ras-le-bol des plus normal dans un pays « sauvage » et « infantile » (vous voyez ! je choque ! ;-) ), un ami est venu me rendre visite.
Je dois dire que ça m’a fait du bien de parler un peu vaudois et de voir quelqu’un de chez nous ! C’est un peu comme si on m’avait envoyé un bout de la suisse, mes racines et mon entourage par avion… ! :-)
Trêve de plaisanterie sérieuse, on s’est bien marré et merci à Thibault pour sa venue.
Un texte avait d’ailleurs été commencé dû à sa venue mais il faut que je le termine (oui parce qu’à force de se marrer – et bosser pour la fondation, merci pour ton aide Kalash d’ailleurs – j’ai pas eu le temps de le finir !) et le révise encore un peu et éventuellement peut-être, sans doute, que je le publierais !

Sinon ma cousine arrive bientôt (sera déjà là quand ce texte sera publié / de Dieu je ne vous cache rien !) et je me réjouis !

Et j’ai des projets… Oui oui des projets.
Je souhaite continuer la fondation après mon retour en terre civilisée ! Le but sera de collecter de l’argent pour permettre à des jeunes de faire des études.
Nous allons commencer le projet avec une jeune, Lawrencia, qui va faire des études d’infirmière et un autre jeune, Eric, qui va faire des études d’agriculture. Ce sont des projets pilotes et le but à long terme va déboucher, si tout se passe comme nous le souhaitons, sur le parrainage des orphelins pour leurs éventuelles études ainsi que d’autres jeunes en difficulté financière qui souhaiteraient faire des études.

D’après mon expérience, je ne veux pas envoyer de l’argent directement à l’orphelinat pour les aider puisque maintenant je sais comment ça marche et ne fais pas confiance aux personnes en charges. Je sais que si je ne suis pas là pour contrôler, l’argent ne partirait pas pour les orphelins donc le problème est vite réglé. Etant donné que je n’ai personne à qui faire confiance (Richmond part en août) je préfère démarrer ce nouveau projet qui émane des idées et conclusions que je me suis fait après une année sur le continent et dont je vais vous faire part ci-dessous. Ce projet me permettra également de payer directement les Universités donc on réduit fortement le risque de malveillance.

Les idées et conclusions dont je vous parlais sont les suivantes.
L’Afrique: Continent riche et pauvre à la fois. Voilà j’ai tout dit !
Plus sérieusement, l’Afrique est riche de ressources en tout genre et ça tout le monde l’a bien compris depuis tous temps. Nos ancêtres l’avaient compris en allant chercher les ressources par la voie de la force mais aujourd’hui ce sont les Asiatiques qui colonisent par la voie économique. Les politiques Africains et le monde entier réalisent des bénéfices énormes sur le dos des peuples. L’Afrique se développe certes, mais pas par elle-même. Si tout continue comme ceci, dans 20 ans l’Afrique pourrait bien ne plus être propriétaire de sa terre. Et 20 ans je suis gentil, parce que le rythme colonial est bien plus élevé que le rythme indigène…
J’ai la nette impression, pour ne pas dire certitude, que le monde n’a pas besoin / ne veut pas que l’Afrique se développe par elle-même. Le problème majeur, selon un copain Ghanéen bourré et moi, c’est le manque d’éducation. Je vais le citer : « Dans mon pays 90% du peuple n’est pas éduqué où alors sous-éduqué, comment veux-tu développer un pays et faire face à la concurrence internationale dans ces conditions. ».
Il est vrai que pour les politiques il est plus facile de se mettre de l’argent dans les poches quand le peuple est « endormi » et que pour les colons économiques (notez que le colon mène au trou du cul) il y a un business énorme à se faire. Surtout que l’Afrique est un des continents dotés des plus grosses ressources pour le monde donc autant que ce soit moins cher.

Alors à partir de ça vous pouvez toujours me répondre qu’ils n’ont rien demandé à personne et qu’il faut les laisser tranquille sans tout le temps essayer de les aider par tous les moyens parce que c’est finalement ça aussi le colonialisme, leur imposer des idées qui soit disant les aideront !
Sur le plan personnel, je suis un grand admirateur de la pensée au jour le jour ainsi que de cette manière de prendre tous les problèmes avec beaucoup, beaucoup de passivité. Mais j’ai bien vu qu’au final cette manière de vivre n’y est pas pour rien la situation actuelle du pays.
Malheureusement les cinq continents courent après le pognon et l’Afrique doit se mettre à courir pour garder le sien. Sans quoi beaucoup d’ONG’s risquent de naître pour aller distribuer des plateaux repas aux quatre coins du continent. C’est triste, oui, mais c’est la situation du monde actuel vue par votre serveur… euh ! -> serviteur… (confusion à cause des plateaux repas un peu plus haut !)
Quand je parle d’éducation, je dois préciser qu’ici (au Ghana dans les + ou – 15 écoles que j’ai visité et selon des Ghanéens et des autres volontaires) le mode d’éducation est « brain dead ». C’est-à-dire que les gamins savent tout par cœur mais sont incapables de tenir un avis basé sur des fondements personnels. Tout simplement parce que la plupart des profs ne n’en sont pas et n’ont aucune qualification pédagogique. Mais le Ghana reste néanmoins un des exemples en matière d’éducation en Afrique de l’ouest puisque les enfants, qui sont normalement poussés à travailler pour les besoins de la famille, sont de plus en plus scolarisés. Ce qui est un point ULTRA-POSITIF !

Enfin, c’est pour cette raison (l’Afrique qui doit se développer par elle-même) que je souhaite continuer et orienter la fondation « Melon au Ghana » sur l’éducation en offrant la possibilité à des gens qui n’en n’ont pas les moyens (des études d’infirmière coûtent 3’000 euros), de faire des études.
Et si j’ai toujours la force et la foi, mon ultime projet serait d’ouvrir une école (voir plusieurs par la suite) avec des conditions et des standards d’enseignement plus élevés que l’actuel niveau publique. Mais ça, c’est pour l’avenir !…

A très bientôt,

Melon




News

16062011

Quelques additions dans les projets en cours et réalisés…!
Photos du poulailler dans l’album!




« The answer my friend, is blowin in the wind. » Bob Dylan

6062011

Le téléphone sonne, la nouvelle tombe et une lourde ambiance s’installe dans la cour.
Comme certains gamins ont une tendance lunatique, je ne me rends pas compte de la situation et essaie maladroitement de les faire rire. J’obtiens quelques timides sourires et retourne dans ma chambre sans me poser plus de questions.
Quelques minutes plus tard une volontaire vient m’expliquer qu’il faut que je m’habille pour aller assister aux funérailles d’une élève de quatre ans, membre de notre école, qui est morte ce matin-même…

Nous arrivons au lieu tant appréhendé. Le décor se dresse devant nous. Une maison d’architecture conventionnelle et locale. Une centaine de personnes éparpillées dans la cour et la famille sous un avant toit qui s’apparente à un balcon placé au niveau du sol.
Sur le chemin j’ai questionné Richmond sur la façon dont se déroule ce genre de cérémonie au Ghana afin d’être préparé au minimum. « Ils vont nous demander pourquoi on est là et ensuite ils vont nous expliquer comment elle est morte. » me dit-il très décontracté.
Un peu surpris de devoir expliquer la raison de ma venue, je prépare dans ma tête quelque chose à dire…
« J’y vais parce qu’en tant que personne travaillant à l’école, j’ai peut-être échangé un moment de vie avec cette gamine. J’y vais aussi parce que je veux apporter mon soutient à la famille… » me dis-je intérieurement.
Personne ne sait qui est cette mystérieuse gamine et nous appréhendons tous de voir sa photo posée sur son « dernier lit », étant donné que Richmond nous avait dit que ça serait comme cela.

Nous y sommes, l’ambiance est évidemment lourde mais je lui trouve quelque chose de particulier. Rien n’est comme je l’avais imaginé. C’est le chaos total.
Deux femmes, qui doivent certainement être la mère et la sœur de la défunte, hurlent « pourquoi ?! » en regardant le ciel. Une tierce femme essaie de les calmer en les violentant quelque peu, mais en vain.
Un homme, certainement le pasteur, nous accueille avec un grand sourire. Le contraste me gène. Il nous emmène alors vers la famille à qui nous serrons la main de chaque membre.
Je présente mon sincère pardon à chacun, quand tout à coup je l’aperçois… Non pas la photo, mais le corps de la petite fille allongé sur un canapé et couvert par les habits de l’école. Elle est là, devant moi. C’est finalement une image bien réelle qui nous attendait dans ce cadre hystérique.
Je reprends mon souffle et essaie de continuer ma tournée de condoléances du mieux que je peux. Je remets mes lunettes de soleil au cas ou les larmes décideraient de troubler ma vue. Bien que je ne me souvienne pas avoir échangé de moment particulier avec cette gamine, je me rappelle de son visage. Et le fait d’avoir un enfant sans vie à mes côtés me laisse désemparé en plus d’être choqué.
Mais un événement vient perturber mon élan d’émotions pour laisser place à un agacement soutenu. Le pasteur nous fait nous asseoir à la place de la famille et toute l’attention se tourne vers nous.
Une bonne partie de l’assemblée nous fixe. Certains rient et laissent échapper des « Obruni » dans leur conversation avec leur voisin. « Obruni » signifie « le blanc » en Twi, le langage local.
Autant dire que nous amusons la galerie et ça m’énerve ainsi que me gène pour la famille.
Le pasteur, munit d’un grand sourire, se tourne vers nous et demande au chef de famille de nous expliquer la cause du décès.
Le chef de famille nous explique alors avec une surprenante désinvolture que sa petite fille n’a pas survécu aux peines causées par une maladie foudroyante.
« Nous l’avons emmené à l’hôpital vendredi suite à des plaintes de sa part dans la journée de jeudi. Ils nous ont dit qu’ils ne savaient pas ce qu’elle avait et ce matin nous l’avons retrouvé sans vie. » dit le vieil homme.

Le pasteur nous sourit une fois de plus d’un air joyeux – j’avoue ne pas comprendre pourquoi – et nous demande de prier pour elle.
Après un bref meeting entre volontaires pour déterminer qui va prononcer la prière, Richmond nous enlève ce poids et s’avance vers le corps de la petite. « Nous prions intérieurement pour elle dans nos langages respectifs. » dis-je à Richmond. Les gens qui nous entourent approuvent, je suis soulagé.

Tout le monde se tait et la prière commence citée par Richmond :

« Oh mon Dieu, nous te remercions de nous réunir en cet après-midi. Si tu as décidé de prendre cette petite fille près de toi, c’est que tu as une bonne raison. Nous te prions, oh mon Dieu, pour que tu la gardes en paix. Nous savons que nous aurons la joie de la rejoindre auprès de toi. Nous te remercions et te respectons, oh mon Dieu. Amen. »

Juste après le Amen général, Bastian – le volontaire Danois- me dit : « Heureusement que je n’ai pas essayé de dire la prière. » Je lui réponds en acquiesçant de la tête et me dis que, moi aussi, j’ai bien fais de ne pas me lancer.
Mon regard se penche sur le corps inanimé de la petite fille et je me demande alors comment nous avons pu remercier Dieu pour une chose pareille.
Le corps est ensuite placé dans une boîte en bois comparable à une grosse caisse de vin et la scène laisse place à une totale hystérie. Certains crient, hurlent, sourient, pleurent et d’autres, ivres, se battent. Le cercueil est lancé en l’air par deux hommes. J’assiste à la scène, désemparé. Je vois tout au ralenti. Le cercueil retombe mais mon regard reste accroché à un nuage. « Nous ne sommes rien. Comme ce nuage, nous passons aujourd’hui et soufflons dans le vent demain… » pensais-je. Je suis choqué et intrigué. Je reste là, bouche bée à contempler la scène. Je voudrais comprendre…
Un bruit sourd me fait reprendre mes esprits. L’un des deux hommes portant le cercueil est saoul et a trébuché dans la foule. C’est l’hystérie… Une femme se met à hurler « pourquoi ?! » en regardant la boîte. Je voudrais pouvoir lui répondre. Je voudrais savoir pourquoi. Mais la vie serait bien trop facile si je le savais…
Je me cite alors dans ma tête une chanson de Dylan qui est : « The answer my friend, is blowin in the wind. » Comme ce nuage qui passe.

De retour à l’orphelinat, Richmond me glisse ce qu’il a entendu dire en Twi lors des funérailles.
La fille était malade depuis un moment déjà et le père, ne vivant pas à la maison, envoyait régulièrement de l’argent pour que la famille emmène sa fille à l’hôpital. Mais la famille aurait gardé l’argent pour eux et attendu le dernier moment pour emmener la petite à l’hôpital.
Quand ils ont décidé de le faire, c’était évidemment trop tard…

Alors de mon côté je ne me demande plus pourquoi cette fille est morte, mais pourquoi les responsables osent encore demander pourquoi ?
Et surtout combien d’irresponsabilités doivent être commises avant que des enfants n’arrêtent de mourir de la bêtise de leur pairs ?
Mais ça mes amis, ça souffle dans le vent.

Paix à son âme.

Melon




« Je pense, donc je suis. »

19052011

« Sartre disait que « nous sommes tous responsables en tant qu’individus. » S’indigner face à la conformité et l’indifférence, voilà un défi qui mérite d’être relevé chaque jour.
Sincèrement,
Laurent
Février 2011 »

C’est sur cette note, laissée dans un bouquin qui m’a été offert par un ami, que je décide de commencer ce texte. Tout simplement pace qu’elle m’a donné le déclic. C’est l’Elément déclencheur des pensées qui suivent.
Bien que je ne sache pas pourquoi j’écris ce texte et encore moins quel en sera le thème, je transforme mon stylo en martyr et laisse couler son encre comme un présent à la vie.

L’énergie que je ressens actuellement a déjà fait irruption dans ma vie un jour, puis un autre jour encore, toujours sous forme de moments que je voudrais immortaliser. Des moments qui me font regretter la vitesse du temps ou encore espérer que ma mémoire ne s’offrira pas le luxe de s’en défaire. Des moments qui me mettent en communion avec le « langage du monde », pour ne pas citer un écrivain que je me surprends à lire plus qu’à raison ici en Afrique. Mais l’énergie que je ressens en ce moment est différente, elle est plus violente, plus intense et plus parlante à la fois. Ce qui pouvait me paraître auparavant comme « plaisirs de la vie à ne pas oublier » se présente aujourd’hui beaucoup plus mâture. C’est une énergie travaillée et construite, comprise et interprétée. Illumination, appel de la vie ou langage du monde, peu importe le nom que l’on lui attribue, ce sont simplement les éléments qui me parlent sous forme d’énergie que je perçois et me procurent la sensation de vouloir aller de l’avant, créer mon futur, provoquer mon destin et surtout : être confiant face à tout cela. L’énergie me tire en avant et j’ai l’impression que rien ne peut m’arrêter. C’est l’adrénaline d’un saut dans le vide, c’est la perte de contrôle lors d’un orgasme, c’est l’élan de la vie, puissant et fiers d’être le plus grand mystère du monde.

J’arrive bientôt à la fin de mon voyage au pays du cacao, je suis malade comme un chien certainement à cause d’un aliment qui me demande grossièrement de rentrer chez moi, et les nombreuses expériences qui me précèdent me font dire que, bien que ce soit une activité décourageante au possible et que la terre ne s’arrêtera pas de tourner sans moi, j’ai besoin de continuer ce chemin. J’ai fait beaucoup de belles rencontres, trop de mauvaises (étant donné qu’une c’est déjà trop), ai appris un peu des autres et surtout, je me suis rencontré moi-même.
Pas chose facile me direz-vous. Non, c’est vrai. Il ne suffit pas de se parler devant le miroir. Mais c’est encore moins facile à définir. Pourtant je vais faire de mon mieux pour m’en approcher le plus justement : maintenant je me fais confiance et m’estime, mais garde un sentiment d’humilité. Voilà ce que je perçois comme connaissance de moi-même. Je ne pense pas pouvoir prétendre connaître mes limites et ce, même si je prétend mieux me connaître moi-même, parce qu’elles sont simplement le fruit de toutes les expériences passées et à venir. Je peux simplement les tracer ou les effacer selon ce que la vie me dicte par ses énergies.

Un jour, j’ai décidé de quitter le sentier battu sur lequel je marchais pour suivre un chemin plein d’espoir et de rencontres. Pensant que, peut-être, la vie serait plus convenante dans une société différente. Aujourd’hui je marche encore, avec un chemin qui me fait face et déjà un petit baluchon plein d’histoires et d’expériences rencontrées derrière moi. J’ai vu que même si elles se présentent sous différentes formes, les sociétés sont finalement très similaires parce que façonnées par des hommes et des femmes qui tracent chacun leurs chemins avec des baluchons plus où moins lourds pour aller dans la même direction inconnue.
Finalement je comprend que tenter de changer de société ne comblera jamais personne, mais le but ultime est de remplir son petit baluchon afin qu’il devienne lourd des petites choses rencontrées sur le chemin et que l’on puisse ensuite le laisser, à un carrefour, à quelqu’un qui n’aura pas eu la chance de bouger. Je pourrais ensuite marcher sans réserve vers le lieu sacré puisque chaque jours de ma vie j’aurais essayé de la rendre un peu meilleur en étant indifférent par rapport à la conformité.

Je vous aime,

Melon




Du nouveau dans les projets en cours et réalisés!

15052011

Vous pouvez aller constater par vous même, grâce à la mise à jour de la rubrique y appropriée (Projets en cours et réalisés), que la liste des tâches rétrécit fortement!

C’est avec fierté et enthousiasme que je vous présente cette mise à jour…! (des photos devraient suivre!)

Sans oubliez que c’est grâce à vous tous ainsi que votre soutient sous différentes formes que la fondation « Melon au Ghana » a pu réaliser tous ces travaux. Donc un immense….. MERCI! :-)

Vous me manquez de plus en plus….!

Je vous aime,

Melon




La Mutti au Ghana.

4052011

Pour vous conter le récit des deux derniers mois passés au Ghana, je dois bien sûr vous faire part de la visite de ma mère, qui sourira certainement en lisant cet article et dont je salue encore la courageuse venue en terre Africaine.

Georges, le chauffeur, nous berce à travers es collines aux couleurs vertes tropicales de ce somptueux pays pour nous mener à l’endroit tant attendu, l’endroit où ma mère pourra enfin voir de ses yeux verts, en concurrence avec le décors et déjà admiratifs de ce beau pays, l’endroit où son fils à décidé de s’établir pendant une année.

Le regard de ma maman est perdu dans le vague, certainement à cause du long voyage qu’elle a fait ainsi qu’au rapide séjour à Accra riche en nouveautés, mais aussi parce qu’elle est shootée au Xanax.
Que ma grand-mère ne s’affole pas, sa fille n’a pas profité de son séjour en terre Africaine pour s’essayer à de nouvelles addictions. C’est juste qu’elle souffre d’une phobie sévère de la vitesse. Elle éprouve une grande panique si elle n’a pas la maîtrise du véhicule lorsqu’il va trop vite. Où devrais-je dire lorsqu’elle n’a pas la maîtrise du véhicule tout court, parce qu’il ne va jamais trop vite quand elle est en possession des commandes. Mais cette dernière remarque ne regarde que moi et moi seul.

Ceci explique donc le manque de clarté de ses propos lorsque nous conversion avec elle et me rappela non sans émotion le temps où, plus jeune, je m’essayais à certaine drogues douces pour finalement me retrouver dans les nuages (ce temps est révolu grand-maman !), comme l’était ma mère à l’instant où elle rencontra le directeur de l’orphelinat.

Après un bref entretien avec le directeur, durant lequel j’ai manqué uriner dans mon short tellement j’ai ris en expliquant à ce dernier la raison pour laquelle ma mère était dans le vague (Allez expliquer à un Africain ce qu’est le Xanax et vous comprendrez), nous quittions Koforidua pour prendre la direction de l’orphelinat, Begoro.

Georges quitte la route principale et tourne à gauche. Nous passons à côté de l’école publique qui se trouve à une centaine de mètres de l’orphelinat, tournons à droite, puis à gauche et apercevons l’immeuble qui se dresse derrière une série d’arbres. Plus nous avançons, plus nous pouvons distinguer les lettres vertes qui mentionnent fièrement : « Nation Builders International School ».
Nous y sommes !
Une marrée d’enfants déferle sur nous comme un nuage de pétales dans le vent. Ma mère, en descente de Xanax, s’imbibe de tous ces sourires et de cette joie immense que les enfants lui offrent.
Dès la première seconde, elle réalise certainement pourquoi son fils a choisi cette vie riche en humanité. Pas qu’elle ne l’ait pas réalisé avant, mais cette scène de vie parle d’elle-même…

Le séjour se passe parfaitement, comme prévu. Je suis surpris de l’aisance dont ma mère fait preuve dans les conditions de vie difficiles de l’orphelinat.
A part quelques difficultés soulignées relatives à la nourriture et aux toilettes, maman s’est débrouillée comme une cheffe ! Remarquez que j’ai les mêmes difficultés qu’elle, comme quoi les chiens ne font pas des chats.

Ensuite le rythme s’est établi, aller chercher l’eau, jouer avec les gamins, les soigner quand besoin se fait, distribution des habits collectés en Suisse, lecture, profondes conversations avec les autres volontaires, etc… Puis la fin du séjour arrive, nous partons pour Kumasi (sans Xanax cette fois-ci !), passons la nuit dans cette intéressante ville et repartons le lendemain pour la plage. Plage sur laquelle je me trouve à l’heure où j’écris ce récit.
Quelques jours plus tard, nous sommes de retour à Accra, c’est déjà l’heure de se quitter, mais cette fois-ci l’au revoir est différent car nous savons tous les deux que qu’il ne reste plus que quelques mois avant que nous nous revoyions…

L’avion s’envole, je repars pour Begoro.




Do not play with water. Especially if you want to continue to set fire to life.

1052011

Le décor est idyllique. Il se dessine à travers les tons marqués du bleu de la mer, du jaune de la plage et du ciel clair parsemé de nuages de ouate. Les oiseaux qui se reposent sur les palmiers tracent un ironique parallèle avec les baigneurs qui font la sieste au soleil.
Cependant six baigneurs sortant de l’eau, épuisés, viennent assombrir ce somptueux cadre de part leurs mines effrayées et effrayantes à la fois.
Le premier est noir, élancé, de bonne condition physique et se prénomme Richmond. Le deuxième, Jakob, un blond d’une taille et d’une corpulence certes moins athlétique mais non moins normale, est précédé d’un autre blond, cheveux long, cette fois plus élancé et très sec, c’est Bastian. Trois autres suivent. Trois hommes bruns, deux petits de types méditerranéens, Stefano et moi-même, ainsi qu’un grand costaud qui se prénomme Severin.
Nous nous asseyons sur le sable, face à la mer. L’adrénaline ne veut pas redescendre, je revois alors toute la scène qui vient de se passer au travers de nombreux flashbacks. Une image après l’autre, très rapidement, exactement comme tout s’est déroulé.
Le bruit des vagues m’effraie. Ces masses d’eau monstrueuses mouvant dans un rythme cyclique, quasi hypnotique, on bien failli nous prendre la vie.
Je regarde devant moi, dans le vague, et je perçois encore ce fameux courant qui repart au large pour former la prochaine déferlante qui s’écrasera contre le sable après une chute d’environ deux mètres et emportera tout ce qui se trouve sur son passage comme une vulgaire feuille morte dans le vent.
L’élan d’une vague vient finir calmement sa course entre mes doigts de pieds, le sable s’adouci et la masse hydraulique repart ensuite se confondre avec le reste de l’élément.
Je le prends comme un avertissement. C’est très clair, l’océan vient de me dire en me narguant que j’ai eu de la chance et qu’à l’avenir j’ai intérêt à respecter les règles, respecter les éléments, respecter la nature.

Richmond, ne sachant pas nager, nous regarde nous amuser dans l’eau. Tout à l’air facile. Trop facile. De nous voir sauter dans les vagues pour ensuite nager dans leurs remous afin de rejoindre le bord lui donne l’envie d’essayer.
Il s’approche de l’eau, y trempe les pieds, puis s’avance d’une dizaine de mètres. L’eau lui arrive à hauteur des genoux. Pris d’une euphorie planante, personne n’y voit d’inconvénient et tout le monde semble content que Richmond se joigne à nous.
Nous jouons dans l’eau comme des gamins, insouciants, nous nous sentons puissants et maîtrisons la situation à tel point que nous nous fatiguons à essayer de surfer dans les vagues en nageant dans leurs creux.

Nous profitons du cadeau que la vie nous offre, tout semble sous contrôle. Les vagues se mettent même à grossir, c’est l’éclate !
Je dois maintenant plonger sous ces dernières parce que leur violence ne m’est pas agréable lorsque j’essaie de nager dedans. D’ailleurs je ne peux plus nager, je dois lutter pour remonter à la surface après chacune d’elles.

Le jeu n’est finalement plus marrant du tout. C’est épuisant et je me rends compte que le courant m’a emporté. En quelques secondes je n’ai déjà plus mon fond. Je profite d’une trêve que m’accordent les vagues pour regarder autour de moi. Tout le monde s’est fait emporter au large sans s’en apercevoir.
Nous nous trouvons tous dans un périmètre d’une vingtaine de mètres quand soudain mon attention est attirée par Severin qui demande à Richmond si tout est « OK ». Je vois ce dernier répondre par l’affirmative mais je comprends que, bien qu’il ait encore son fond, le courant est plus fort que lui et il n’arrive plus à lutter.

Je hurle aussitôt à Severin de nager en direction de Richmond pour l’aider et j’en fais de même. J’arrive le premier, Richmond est déjà sous l’eau. J’attrape son bras et le tire à la surface pour qu’il puisse respirer. Pris de panique, il m’agrippe et me fait couler pour se maintenir tête émergée. Je me débat et ai encore assez de forces pour nager à la surface afin de respirer. Il coule à nouveau, j’essaie de l’émerger comme je peux. Sa carrure physique m’oblige à couler lorsque je le remonte à la surface. Richmond a déjà avalé beaucoup d’eau et j’entends à son souffle qu’il n’a plus le temps de respirer lorsque je le remonte. Il se met à paniquer et est incontrôlable.

Il s’agrippe à moi, je sens ses muscles se contracter si fort autour de mon cou que je n’arrive plus à respirer. Je suis sous l’eau et à chaque tentative que j’entreprends pour remonter il m’en empêche pour se maintenir à la surface. Au bout de quelques secondes, même lui est sous l’eau car je n’ai plus assez de forces pour lutter afin d’essayer de remonter.
Jusqu’ici mes gestes avaient été instinctifs. Depuis la prise de décision d’aller aider Richmond, tout s’est passé sans réfléchir. Mon esprit n’avait qu’un but, le remonter pour qu’il puisse respirer et essayer de le tirer vers le bord.
Mais à cet instant précis je suis sous l’eau depuis plusieurs secondes avec quelqu’un qui m’empêche de remonter à la surface et mon esprit s’embourbe à force de respirer de l’eau.
J’ai alors une prise de conscience. Elle apparaît comme la lumière de la surface me montre le chemin. « Je vais mourir. Je ne veux pas mourir ! C’est pas mon heure. S’il continue comme ça il va me tuer… Je dois le frapper pour me dégager. Non je ne peux pas, s’il meurt et que je l’ai repoussé je ne pourrais jamais me le pardonner. Oui mais finalement c’est la seule chance ! Si je ne le fais pas nous mourrons tous les deux. Je dois me dégager pour respirer et ensuite aller le rechercher ! C’est notre seule chance… »
Je donne un coup de pied dans son flanc, cela ne suffit pas. Je n’ai plus de forces mais rassemble tout ce qu’il me reste et lui donne cette fois-ci deux coups de poings. Il me lâche !
Durant ma remontée j’avale encore de l’eau et me sens de plus en plus partir. J’atteins la surface ! Je respire et je vois Severin arriver. Il a dû lutter contre le courant pour venir. Je jette un œil du côté de Richmond et essaie de le retrouver. Par chance j’aperçois sa main qui émerge désespérément de l’eau. Accompagné de Severin, je me dirige vers Richmond mais quelque chose me freine… Une force intérieure me dit que je suis trop faible et que je vais mourir si je retourne vers lui. J’ai peur. Je suis paniqué, effrayé.
Une autre force, plus forte encore, me dit qu’il serait alors préférable de mourir plutôt que de rester en vie à côté de lui qui est en train de couler. Ma conscience l’emporte, j’y retourne.

Richmond sent nos bras de part et d’autre de son buste et s’agrippe à nous avec le peu de force qui lui reste. Il nous plonge sous l’eau et prend sa respiration, tousse, et une vague monstrueuse nous fauche tous les trois alors que nous avions à peine eu le temps de respirer.
Richmond s’agrippe à mon cou par réflexe. Nous tournoyons dans l’eau comme des pantins désarticulés tant la violence de la vague est extrême. J’ai peur de me faire énuquer et me dégage par tous les moyens du bras de Richmond.

Me voici dans les remous de la surface et j’appelle à l’aide. Les autres se situent à une quinzaine de mètres et n’entendent pas ma détresse à cause du bruit assourdissant des vagues. Certains pensent même que nous jouons et me sourient, c’est un cauchemar. Seul Jakob, qui se trouve à seulement une dizaine de mètres, entend et comprend mon appel. Il essaie de nous rejoindre mais le courant l’en empêche. Il devient fou de rage et je lis sa frustration dans son regard. Une autre vague nous emporte et nous fait tournoyer sous l’eau. Je sais qu’en ce moment Severin est en train de vivre avec Richmond la même situation que j’ai vécue quelques secondes passées. Je regarde de leur côté et essaie de les rejoindre. Je nage mais le courant me fait reculer… Une autre vague me percute. J’essaie de suivre le mouvement de la vague pour me ramener ou bord comme on le faisait si facilement en jouant quelques minutes auparavant, mais ma faiblesse m’oblige à couler dans les remous et je respire de plus en plus d’eau.
Soudain je regarde en direction du bord et constate que Richmond et Severin marchent bras dessus bras dessous. Cette dernière vague les a ramené à leur fond ! Je suis soulagé mais pas encore tiré d’affaire…
Une vague me fauche et je la négocie correctement, du moins assez bien pour atteindre les hauts fonds. J’y suis, l’eau me caresse les genoux. Le courant ne me facilite pas la tâche et je trébuche, comme un alcoolique qui titube, dans un moment d’égarement qui s’apparente à une chute de pression. Je me relève, regarde la plage avec un sentiment indescriptible.
J’ai envie de pleurer, de prendre Severin dans mes bras, de m’isoler tellement j’ai honte d’entendre Richmond s’excuser. « Je suis désolé. » me dit-il. – « C’est pas ta faute. Les responsables ce sont nous. Nous qui savons nager et qui sommes sensé connaître les dangers de l’eau mais qui ne t’avons pas interdit d’y aller. »

Je me perd ensuite dans le vague, la peur au ventre et un sentiment indescriptible de volonté de vivre mêlé à un sentiment de reconnaissance pour Severin sans qui, s’il n’avait pas été là pour prendre le relai, je serais certainement encore en train de flotter dans l’océan à l’heure qu’il est.
Bien que Severin pense la même chose à mon égard et que Richmond nous est reconnaissant, je ne peux m’ôter de la tête que nous sommes une bande d’irresponsables abrutis par un sentiment de jeunesse invincible.

Ceci est une leçon de vie et je souhaite que ça n’arrive à personne d’entre vous. Je sais que l’être humain est bête à la racine et qu’il a besoin de se brûler pour comprendre qu’il ne faut pas toucher le feu. Mais si l’un d’entre vous à l’intelligence et la sagesse d’apprendre en étant simplement averti, le fait que j’aie maintenant peur de l’eau en aura valu la peine.

Je souhaite dédier ce texte ainsi que faire mes excuses à ma mère qui, quelques mois plus tôt sur la même plage, était venue me chercher pour que j’arrête de surfer étant donné que les vagues étaient trop fortes et que personne d’autre ne se baignait.
Fiers de mes vingt-trois ans, j’ai mal pris la remarque et suis retourné à mon linge, grincheux et énervé de devoir être traité comme un enfant devant tout le monde alors que je sais parfaitement nager.

Maman je te dis merci par ces quelques lignes et pour le clin d’œil je te prie d’accepter la phrase suivante que cette situation m’a inspirée :

Ma mère m’avait averti que, bien qu’elle sonne comme son écho, la mer ne serait pas aussi gentille.

Je vous aime,

Melon




Thanks a lot!

20022011

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UN GRAND MERCI A TOUS……………

Grâce à vous, nous avons pu faire le point avec Melon et vos dons sont utilisés à 100% (les frais sont à chaque fois remboursés par la banque ou par l’aide des administrateurs de Melonaughana).

Ainsi de nombreux projets sont aboutis :

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Un tiers des dons a été à ce jour utilisé et de grands projets sont en cours pour les sujets suivants :

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* amélioration des conditions des orphelins (habits, enseignement, accompagnement)
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Tous ces points vous seront expliqués de manière détaillée par Alexandre ces prochaines semaines.

Les dons continuent à nous parvenir, “Fr.5.-, Fr.20.-, Fr.200.-”, ils sont le reflet de votre générosité et vous défendez une cause que Melon développe avec enthousiasme, sérieux, précision et au profit à 100% de l’orphelinat.

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Olivier







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